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Journaliste : Bonjour, nous nous retrouvons aujourd’hui pour une nouvelle chronique de la série «  Le progrès en question ». Le thème abordé ici est Les droits de l’Homme dans le sport. Pour ce faire nous recevons Loréna B. ambassadrice des droits de l’Homme a Amnesty Internationale et Elodie C. spécialiste des relations internationales. Bonjours mesdames. Pouvez vous nous présenter en quelques mots le thème du jour ?
Elodie : Tout à fait. Donc, les droits de l’Homme peuvent être définis comme les droits qui sont les vôtres tout simplement parce que vous êtes humain. Leur principe fondamental réside dans le fait que tout être humain mérite d’être traité avec dignité.
Loréna : C’est exact, mais dans de nombreux pays, ces droits de l’Homme sont traînés dans la boue. Pourtant ces pays ont eu l’honneur d’accueillir des compétitions d’envergure mondiale comme les Jeux Olympiques d’été, d’hiver ou la Coupe du Monde de football.
Journaliste : Très bien, alors nous allons discuter de la possibilité d’accorder l’organisation de manifestations sportives à des pays qui ne respectent pas les droits de l’Homme. Tout d’abord, Loréna, vous parliez de pays qui ont accueilli les JO sans respecter les droits de l’Homme, pouvez vous nous en dire plus ?
Loréna : En effet, les exemples sont nombreux et il ne faut pas remonter loin dans l’histoire. Un exemple très marquant est celui des JO d’été de Pékin, en Chine, en 2008. Quelques mois avant les Jeux, les tibétains, qui représentent une population minoritaire en Chine ont été violemment réprimés par le gouvernement alors qu’ils manifestaient. Mais également les populations les plus pauvres ont été touchées puisqu’elles ont dû se déplacer de force, afin de construire les installations sportives. Et alors je ne parlerais pas de la censure des médias, qui est ancrée dans la pays depuis 1949…
Journaliste : Ainsi Elodie, vous seriez quand même pour l’organisation d’événements sportifs en Chine par exemple.
Elodie : Mais parfaitement. Je suis convaincue que donner la chance à ces pays d’organiser les JO (ou autre) permet l’ouverture de ces États ! On l’a bien vu en Russie, lors des JO de Sotchi, puisque des entreprises françaises de transport par câble et de remontées mécaniques/télécabines ont investi dans la construction des installations pour les JO. Ces entreprises ont par la suite remportés des contrats de plusieurs centaines de millions d’euros afin d’aménager des stations de ski dans le Caucase. Cet exemple montre bien que grâce aux JO, la Russie est mieux intégrée à la globalisation.
Loréna : A parlons en de Sotchi ! L’année précédent ces jeux d’hiver, une loi interdisant les rassemblements LGBT a été votée. En faisant cela, la Russie a clairement violée la charte Olympique qui interdit toute sorte de discrimination, et en particulier en raison de l’orientation sexuelle ! Ainsi, on ne devrait pas accorder l’organisation de ces événements à des pays qui ne respectent ni les droits de l’Homme ni la charte olympique !
Elodie : Mais justement les pays organisateurs doivent alors agir afin de développer les droits humains dans leurs pays ! On le voit au Qatar, suite au scandale d’esclavagisme moderne pratiqué sur les travailleurs étrangers lors de la construction d’infrastructures pour le Coupe du Monde de football. En effet, des réformes devraient être appliquées début 2018, pour une meilleure protection de ces travailleurs. Ils pourraient bénéficier d’un salaire minimum, et surtout les employeurs auraient l’interdiction d’empêcher leurs employés de partir, chose qui été courante avec la tradition du kafala, qui elle aussi sera interdite.
Loréna : C’est bien beau toutes ces réformes promises mais où sont-elles ? Justement vous me parlez du Qatar, de nombreuses règles ont été transgressées, et les institutions sportives, n’ont rien fait pour changer les choses. En effet pour la coupe de football en 2022 au Qatar, la Fédération internationale de football avait le pouvoir d’agir avec efficacité mais elle est restée en retrait pendant plus de cinq ans. Des réformes sont en cours, et tout cela va lui bénéficier alors qu’elle n’avait rien fait ou dit face aux nombreux boycotts qui ont eu lieu du fait que le Qatar était accusé de soutenir les extrémistes.
Journaliste : En parlant des boycotts, je vous laisse écouter Semyon Simonov, militant russe pour les droits de l’Homme.
Journaliste : Elodie, votre avis ?
Elodie : Je suis d’accord avec ce que dit cet homme, et de plus les boycotts ne changent rien. Comme en 1980, dans un contexte de Guerre froide et de guerre en Afghanistan, les États Unis et 65 pays ont boycotté les Jeux Olympiques de Moscou. Ou encore quatre ans plus tard, l’URSS et 13 pays communistes ont boycotté les Jeux de Los Angeles. Ces boycotts n’ont strictement servi à rien du fait qu’ils n’ont pas eu d’impact sur les conflits…
Loréna : Je vous coupe pour vous dire que certains boycotts ont joué leurs rôles ! Comme lors des Jeux de Sotchi en 2014, de nombreuses lois anti-LGBT avaient été mis en pratique. Des sportifs, ou personnes venant voir les JO pouvaient être arrêtées car ils tenaient la main à une personne du même sexe. Vous vous en rendez-compte ? Un boycott de la vodka a donc eu lieu et suite à ce scandale le CIO a pris des mesures pour 2020 . En effet il serait exigé des villes hôtes, qu’elles interdisent toute discrimination, notamment celles liées à la sexualité. Un pas en avant pour le respect des droits de l’Homme donc. Il n’a donc pas servit totalement à rien.
Journaliste : Nous voyons donc que les avis sont vraiment partagés, mes chers auditeurs je vous laisse donc vous faire votre propre avis. Nos invités vont pouvoir rester en fin d’émission pour répondre à vos questions sur les réseaux sociaux et continuer le débat. Je les remercie bien sûr pour leur venue. Merci d’avoir écouté cette chronique et à bientôt !

Bibliographie:Bibliographie chronique

Elodie et Loréna

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