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Le Centre d’Informations Europe Direct est un centre avec un service d’information gratuit où l’on peut vous conseiller, répondre à vos questions sur l’Union européenne, son fonctionnement, ses actions ainsi que ses financements. Nous avons eu la chance d’interviewer le directeur du CIED de Auch : Marc Thouvenin.

I- Le CIED et l’Europe

– Pourquoi a été créé le CIED au départ ?

M. T. : « Au départ il s’appelait « Carrefour pour l’Europe ». En effet la Commission Européenne a une mission de communication (sur les activités de l’Europe par exemple). Alors les bureaux à Bruxelles ont créé ces « Carrefours ». Dans les années 2000 comme ces derniers marchaient bien, ils ont décidé de créer des CIED. L’idée c’est que depuis Bruxelles il y ait des relais dans toute la France et l’Europe pour faire passer le message de communication ».

– Quelles sont les missions du CIED ?

M. T. : « En Europe, tous les CIED font la même chose : il y a trois objectifs principaux au CIED. Nous avons un cahier des charges, c’est un cahier avec des consignes que l’on doit respecter. Après chaque CIED a ses spécialités en fonction de où ils se trouvent, ce qu’il aiment faire.

-La première mission est la mission d’information avec des plaquettes, des dossiers que l’on reçoit sur plusieurs sujets différents. Le but est de diffuser tout cela sur des forums, des salons étudiants ou sur la solidarité nationale.

-La deuxième mission est de créer des événements, par exemple en mai nous organisons une journée où se réunissent d’anciens volontaires, des personnes qui sont parties en voyage et qui reviennent avec leur expérience. Ainsi ils rencontrent de nouveaux volontaires, pour discuter et donner confiance aux gens qui n’osent pas partir en voyage. Ils peuvent se dire « il a réussi, alors pourquoi pas moi ? » On fait aussi des conférences, des activités.

-La troisième mission n’est pas forcément la partie publique mais plutôt notre travail qui est de faire remonter à la commission les articles de presse qui parlent de l’Europe ou de faire remonter des questions que se posent les gens sur ce que fait l’Europe pour eux par exemple. Ainsi la Commission Européenne peut le prendre en compte pour mener une politique différente. C’est ce qu’on appelle un travail de veille et de remonter les questions des citoyens. (…) Ces 3 missions sont organisées sous forme de modules, que les CIED peuvent choisir. Ici, à Auch, il y a 6 modules :

– le premier est « l’accueil du public », qui est obligatoire : nous nous devons de répondre aux questions des personnes qui peuvent venir du Lundi au Samedi, de 13H à 18H.

– le second est « le site Internet » : www.europe-gascogne.eu. Sur ce site sont regroupées les actualités du centre, mais également les activités et coordonnées de la structure.

– le troisième est le module « réseaux sociaux » : nous utilisons Facebook et Twitter pour communiquer avec le public, et faire passer des informations et dates d’événements.

– le quatrième module est celui de la « newsletter » : pour communiquer des informations, nous envoyons des mails à environ 600 contacts dans le département.

– le cinquième est celui des « goodies » : nous crééons des objets publicitaires (stylos, carnets…)

– le sixième module est celui de « l’organisation d’événements » : par exemple dans quelques jours, nous intervenons au lycée agricole de Mirande dans le cadre de la Semaine de l’Europe ».

– Quels genres de personnes viennent au CIED ?

M. T. : « N’importe qui peut venir au CIED. En effet, cela peut être des jeunes qui souhaitent réaliser leurs études supérieures à l’étranger, ou encore des agriculteurs qui se posent des questions sur la politique agricole menée par l’Europe, mais aussi des chefs d’entreprises qui s’interrogent sur les aides européennes pour la création d’emplois… ».

– Qui permet le fonctionnement du CIED ?

M. T. : « Une association existe déjà (ndlr: l’association IMAJ’), donc même si il n’y avait pas le CIED, nous ferions quand même de l’information sur l’Europe, car ça fait partie du BIJ (Bureau d’Information Jeunesse ). Du coup, on profite de l’opportunité du label «CIED» par la Commission Européenne, qui est une reconnaissance du travail que l’on faisait déjà auparavant. Au lieu que ce soit l’association IMAJ’ qui surveille ce que l’on dit, c’est la Commission Européenne; c’est un soutien et un partenariat.

Du coup, comment ça fonctionne au quotidien? Je suis directeur de la structure et j’interviens sur des activités comme ce matin. Ensuite, il y a 3 autres personnes susceptibles d’intervenir:

-Nathalie, la documentaliste: elle s’occupe de la réception et du classement des livrets ainsi que l’organisation des stands;

-Corinne, qui s’occupe de l’accompagnement des projets;

-Et Pauline, qui est volontaire (ndlr: donc pas salariée de l’association, et qui reste jusqu’en juillet 2017): elle se charge de l’organisation des ateliers et autres manifestations.

On retrouve aussi le fonctionnement d’une association: à la tête il y a une directrice, un trésorier et un secrétaire. La présidente décide de la politique; elle est élue et on discute des projets ensemble, mais à Auch on propose toujours des dispositifs sur l’Europe car c’est une chouette idée et ça permet aux jeunes de ne pas rester dans leurs coins ».

– Par qui est financé le CIED ?

M. T. : «Je vous ai parlé tout à l’heure du cahier des charges pour être CIED avec l’histoire des modules, en faite le montage est fait de cette façon. En face de chaque module il y a une somme qui est attribuée, c’est un forfait. Par exemple le forfait accueil, le premier module, où il faut avoir un ordinateur, un comptoir … La représentation à Paris a considérée que cela coûtait à la structure 14,000 €. Du coup si nous on choisit, le CIED de Auch, de présenter le module 1, on reçoit la somme de 14,000 €. Donc en fonction des modules que l’on choisit , chaque module correspond à un forfait, du coup on choisi que l’on veut faire pour notre structure et à la fin ça correspond à une somme maximale de 25,000 €. C’est à dire que c’est la représentation à Paris de la Commission Européenne qui reçoit notre dossier, tous les ans, qui accorde notre demande et qui nous verse la somme demandée. Évidemment l’argent vient directement de la Commission Européenne. Après nous sommes obligés d’utiliser des financements propres de l’association, notamment pour payer les personnes qui y travaillent. Ici nous sommes financés par la communauté d’agglomération du Grand Auch. C’est le regroupement des communes autour d’Auch qui disent « en échange de votre travail sur l’Europe, sur l’information jeunesse… on vous donne une certaine somme d’argent ». Du coup on pioche dans ce financement là du Grand Auch et dans celui de la Commission Européenne, donc cela ferait en tout un financement de 50,000 € par an pour l’activité d’information pour l’Europe ».

– Êtes-vous en relation avec les Institutions Européennes ?

M. T. : « Nous sommes en relation avec la commission européenne qui se trouve à Bruxelles. Elle est composée d’un président et de 13 commissaires chargés de rencontrer les présidents ou les ministres des autres pays. Dans chaque pays se trouve un bureau détaché de la commission chargé de faire le lien entre la commission européenne et le pays. Nous nous réunissons 2 fois par an à Paris avec les 52 autres CIED de France et 1 fois avec les 500 centres européens. Nous sommes donc en relation avec des institutions mais cependant pas directement ».

– Y-a-t-il un centre qui relie tous les CIED ?

M. T. : « Non, il n’y a pas de centre qui relie tous les CIED entre eux parce que chaque CIED est une structure autonome, il n’y a pas de règle sur le fonctionnement d »un centre. Ici nous sommes une association , dans les CIED il y a aussi des conseils départementaux qui accueillent un centre, il y a aussi des universités qui accueillent un centre. Voilà, il n’y a pas vraiment de liens entre tout ça si ce n’est la représentation française de la Commission Européenne à Paris qui sert de tête de réseau, qui sert à organiser des journées de rencontre, à faire passer les informations pour tous les centres …  ».

– Pourquoi êtes-vous hébergé par l’association IMAJ’ ?

M. T. : « Le CIED est une activité ou un service de l’association IMAJ’. L’équipe de l’association IMAJ’ qui de temps en temps pendant la semaine met « sa casquette CIED » dans le cadre des activités mais sinon ce n’est qu’une activité comme il peut avoir l’activité de musique avec la salle de concert, comme il peut avoir l’activité cyberbase. Cela fait partie de notre travail au quotidien ».

II- Les Jeunes

– A quoi ça sert d’aider les jeunes au niveau européen ?

M. T. : « C’est pas facile, c’est une question presque philosophique! (rires) Je peux vous retourner la question, on peut faire une discussion: quand vous entendez parler de l’Europe, ça vous inspire quoi?

Julianne: Voyager, faire des études ailleurs.

Elodie: C’est un ensemble politique de pays pour moi, donc essentiellement d’un point de vue politique.

Directeur: Quand tu dis ça, c’est-à-dire que tu te sens un peu éloignée de tout ça? Tu ne te sens pas forcément concernée?

Elodie: Non, c’est de manière globale: c’est pas au niveau de chaque citoyen mais au niveau de chaque pays.

(Loréna, Nina et Lucile approuvent son idée.)

Directeur: Justement, il y a une différence entre votre vision politique de l’Europe, c’est éloigné, c’est pas nous et votre vision de l’Europe accessible, ça pourrait être une chouette opportunité pour voyager, pour rencontrer… Notre mission, c’est de se mettre au milieu , de faire le lien entre vos deux points de vue et d’expliquer qu’un certain nombre de dispositifs (programmes et aides d’accompagnement) existe pour profiter de ces opportunités, notamment pour les jeunes. C’est dommage de ne pas se rendre compte des possibilités tant qu’on est jeune. On a un travail de témoignage et d’incitation. »

– Que faites vous pour aider les jeunes ?

M. T. : «Pour cela il y a tout d’abord un travail d’accueil des jeunes dans les locaux du CIED. Ces personnes peuvent venir pour poser leurs questions ou chercher des informations. Ces informations sont aussi diffusées sur les réseaux sociaux. Il y a aussi l’organisation de divers événements comme des témoignages par exemple dans les lycées ou encore des salons ou des expositions.

En mai se déroulera aussi l’atelier de la mobilité ou des volontaires témoignent auprès des jeunes et répondent aux questions qu’ils se posent en fonction de leur propre expérience ».

III- Europe actuelle

– Au sujet du Brexit, est ce que vous pensez que cela pourrait engendrer des difficultés au sujet du  programme ERASMUS ?

M. T. : « Alors, c’est une question très pointue, sauf que je ne vais pas pouvoir y répondre car même eux ne savent pas ce qu’ils font faire suite au Brexit. C’est à dire que officiellement les citoyens britanniques ont voté par référendum leur souhait de sortir de l’Union Européenne, sauf que concrètement au niveau du gouvernement Anglais ils ont juste commencé les négociations en septembre. Donc, il y a ce souhait des citoyens mais encore il faut le faire rentrer dans les tuyaux du gouvernement ! En ce moment ils parlent de deux ans de négociations avant de décider si l’Angleterre sort totalement de toutes les activités de l’Europe ou alors s’ils sortent mais ils gardent quand même certains points … et parmi toutes les négociations qu’il faut faire il y a un petit point qui s’appelle Erasmus Plus. Et là pour le coup je ne vous cache pas que les Britanniques sont très inquiets de cette question là parce que les étudiants ou les jeunes Anglais en profitaient évidement. Pour le moment personne ne peut répondre à cette question parce qu’une personne en France a été désignée pour s’occuper de toutes ces négociations et il a pris ses fonctions il y a deux mois. Il y a des dossiers plus prioritaires que le programme Erasmus Plus ».

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