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« J’ai vu Salem »

Il faut se pincer pour réaliser que nous sommes au cœur de l’un des lieux les plus vibrants de la planète. Combien de mythes, combien d’espoirs,  combien de haines se cristallisent autour de cette ville qualifiée de trois fois sainte.

Nous accédons à Jérusalem par le nord. Entre les collines, des vallées, permettent les communications. Leur contrôle a toujours été fondamental pour sécuriser la ville. Aujourd’hui, les check points jalonnent l’autoroute qui serpente  jusqu’à elle. L’intérêt défensif du site apparait immédiatement. Située l’extrémité du plateau de Judée, son l’altitude est régulièrement supérieure à 600. Cependant, nous n’avons pas froid, loin de là. Sur les murs, le blanc domine. Le sol calcaire fournit le matériau nécessaire aux constructions. Dans ce karst, une source, le Gihon, fournit l’eau précieuse dans cette région méditerranéenne. C’est l’un des enjeux de la conquête Jordanienne de la ville en 1949 nous dit notre guide Jérémy.  

Nous traversons un quartier arabe pour accéder au Mont des Oliviers. De là nous voyons la vielle ville  de Jérusalem l’une des plus anciennes cités à peuplement continu nous rappelle Jérémy. Le bleu et l’or du Dôme du rocher se distinguent sur ce décor d’albâtre. Malheureusement, nous ne pourrons pas y accéder. Nous devons nous contenter d’admirer cette mosquée qui rappelle qu’a cet endroit se concentrent trois religions du livre, monothéistes et prophétiques. Le coran situe là l’épisode de la révélation au prophète Mahomet des conditions de la prière musulmane. Mais une autre tradition veut que ce soit là qu’Abraham soit monté avec son fils Isaac pour le sacrifier à Dieu.

 A l’arrière plan, nous devenons à peine les quatre quartiers qui se partagent une superficie de 0.82km² : le quartier juif au sud, le quartier arménien au sud ouest, le quartier chrétien au nord ouest et le quartier musulman au nord est.

Nous descendons. Sur notre chemin, le guide rappelle la tradition biblique et les faits et gestes qu’elle attribue au Christ prêchant sur le Mont des Oliviers. A notre gauche, les pierres posées sur des tombes, pour certaines millénaires, rappellent la croyance des Juifs en l’éternité après la mort. Il est donc important pour eux de reposer à proximité du Mont du Temple dans l’attente du jugement dernier.

Après avoir déjeuné, nous pérégrinons à travers les ruelles du Mont Sion. C’est notamment là que la tradition inscrit le tombeau du roi David et le dernier repas du Christ. Ici, les chapelles deviennent mosquées et les mosquées finissent synagogues au grès des dominations et des occupations. Dans toute la ville l’archéologie est mobilisée pour attester de l’ancienneté d’une présence ou de la légitimité d’une possession.

Nous entrons dans le quartier juif par la porte de Sion. On y trouve le Kotel Hamaaravi, le mur occidental du temple de Salomon pour les juifs. Pour y accéder nous devons nous séparer. Le judaïsme n’a pas le monopole du patriarcat mais c’est d’un peu plus loin que les filles peuvent assister à la danse que des hommes exécutent en cercle à l’occasion de la visite d’une personnalité de premier plan semble-t-il. Il faut  être à cet endroit au moment d’une fête majeure où d’une cérémonie exceptionnelle, pour mesurer cette ferveur. Plus loin, dans la partie abritée du mur, la tension des corps en mouvements exprime l’intensité des prières. Les brins qui pendent aux ceintures sont là pour rappeler les 613 commandements divins, tout comme les kipas rappellent l’obligation de se soumettre à Dieu. Un portique de sécurité plus loin, nous sommes dans le quartier musulman. Dans le réseau étroit des ruelles, la réalité est conforme aux représentations. Il faut cheminer en procession entre les échoppes pour accéder à la Via dolorosa dont l’aboutissement est la basilique du Saint-Sépulcre. Là les églises arméniennes syriaques, catholiques, coptes, orthodoxe (j’en oublie surement) se disputent l’entretien du tombeau du Christ. La foule se presse. Nous entendons toutes les langues. Il est alors impossible d’accéder dans un délai raisonnable pour les plus fatigués au lieu que certains considèrent comme le saint des saints.

La visite est sur le point de s’achever. Nous nous rapprochons de la porte de Jaffa à la sortie du quartier arménien. Au détour de chaque rue, les monuments montrent la persévérance vitale avec laquelle, dans ce petit coin du monde, les hommes ont cherché à inscrire leurs convictions dans la pierre comme pour les renforcer.

L’heure est alors venue de rentrer à l’auberge de jeunesse pour vérifier si nos chambres sont protégées par une mézouza fixées sur le montant de la porte. Les croyances se manifestent aussi comme ça.  

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