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Bonjour, ça y est nous avons rencontré les jeunes palestiniens et israéliens. Certains d’entre nous ont même dansé avec des coréens,  avant de vous raconter tout cela voilà ce qui s’est passé hier.

Notre journée commence en pensant à Louise Lescure, notre architecte préférée venue nous faire une conférence sur le Bauhaus en Israël. En effet, le Mémorial de Yad Vashem est un vaste complexe comprenant un musée, un centre d’études et plusieurs sites commémoratifs.  Pour commencer, notre guide attitrée Rita attire notre attention sur la laideur du musée. Son architecte l’a dit : « La mort n’a pas à être belle ». De loin, le bâtiment ressemble à un bloc de béton fiché dans le roc de la colline. Il n’empêche que le dispositif imaginé par son  concepteur dit tout de la tragédie. Pour commencer, vous sembler pénétrer dans un antre, le ventre encore fécond de la bête immonde. Le fond de cette caverne dessine un triangle où sont projetés des films montrant la vie des juifs d’Europe avant 33. Ce n’est qu’en se retournant que l’on comprend la perspective monumentale que forment les deux murailles qui nous enserrent avant de se rejoindre au dessus de nos têtes. On distingue à peine la lumière au bout du tunnel ainsi formé. Cependant n’espérez pas l’atteindre directement. Le chemin qui y mène est tortueux. Il emprunte un dédale creusé dans la roche, de part et d’autre du tunnel. Des origines de l’antisémitisme à la libération des camps et de l’Europe, le musée montre la mise en place de la folie meurtrière et les horreurs du crime de masse. A plusieurs reprises, le contenu des vitrines et les images des écrans figent les élèves. Le long du parcours notre guide sait, par son récit, mettre des visages sur les faits évoqués. Les centres de mise à mort et la shoah par balle ne sont pas que des mots. Leurs victimes ne sont pas que des nombres.  Elles ont des noms et c’est la première mission de Yad Vashem que de rendre une identité à ceux qui en ont été dépossédés. C’est ainsi que s’achève le parcours dans le  Musée, sous la coupole qui rassemble les portraits et les fiches des victimes du génocide.  Au bout du tunnel, l’horizon se dégage. La sortie donne sur une terrasse. Le paysage est magnifique. Le message est clair : voilà l’avenir du peuple Juif.

Sur le chemin qui nous ramène au centre d’étude de Yad Vashem, notre guide nous présente le Mémorial des enfants où dans l’obscurité des miroirs démultiplient la  lueur de quelques bougies comme pour représenter toutes les jeunes victimes de la Shoah. Elles furent un million  cinq cent milles.  

Voilà venu le moment de rencontrer Berthe Elson-Badehi. Berthe a neuf ans quand elle est placée par la branche juive des M.O.I (mouvement de résistance communiste) chez Marie Massonnat, dans le petit village de Montcel en Savoie.  En mai 1944, la gestapo se présente à son domicile alors que la mère de Berthe est venue lui rendre visite à sa fille.  Marie Massonnat a la présence d’esprit de devancer les enquêteurs à l’extérieur avant qu’ils n’abordent le seuil de la maison où se trouvaient les réfugiés. Elle parvient à les convaincre d’aller chercher ailleurs  le réfractaire au STO qu’ils recherchaient.  Les élèves sont émus aux larmes par le récit de Madame Elson-Badehi. Celui-ci est conclu par une évocation de son petit-fils mort au combat dans un char israélien. Pour elle, il y a une continuité entre ce dont elle fut menacée enfant et ce pourquoi son petit-fils est mort…

Quelques minutes sont nécessaires aux élèves pour se remettre de leurs émotions. Mais Maylis, Axel,Rose-Lou, Jade et Tonin peuvent  présenter le projet, le sauvetage des époux Lacave et le manuel aux représentants de Yad Vashem.  Baptiste fait don d’une statuette de «D’Artagnan » au nom de Monsieur le Maire de Mirande. 

Il est temps de se rendre au Mur des Justes pour rendre hommage aux époux Lacave. Le nom de Marie et de Gaston figure sur le mur 5 dans la colonne  1996. Laszlo a tôt fait de découvrir à proximité le nom de Marie Massonnat. Le nom des époux Martinez n’est pas encore gravé. Il devrait l’être dans peu de temps.

Après avoir déjeuné nous nous rendons au Mont Hertzl. C’est là que fut rapatrié le corps du père du sionisme, le rêve d’une terre pour le peuple juif. Nous y étions au moment d’une cérémonie à laquelle participaient de jeunes conscrits israéliens. Fort de son expérience personnelle, notre guide Jérémy nous explique le détail des uniformes et des grades.

Un peu plus bas sont enterrés les premiers ministres Golda Meir, Shimon Peres et Itzhak Rabin. Au dessous de la tombe de ce dernier des caméras sont là pour empêcher toute profanation. Il faut dire que le troisième homme des accords d’Oslo, assassiné en 1995 par un extrémiste israélien ne fait l’unanimité. Il est perçu par certains comme celui qui a bradé l’Etat d’Israël.  Quelques mètres plus bas sont enterrés les soldats de Tsahal tombés au combat ou en service.

Très prosaïquement, nous regagnons ensuite la vieille ville de Jérusalem où résonne l’appel à la consommation. Une heure de quête frénétique du produit authentique qu’il convient de marchander avant de revenir convaincu de s’être fait avoir (résumé des réactions recueillies).

Nous regagnons maintenant la Knesset, le parlement pour un cours de science politique prodigué par Jérémy. Celui-ci, en s’appuyant sur une comparaison avec la quatrième République française cherche   à faire comprendre quelques un des secrets du régime parlementaire israélien. Confronté à des accusations de corruption, Benyamin Netanyahou s’apprête à affronter les élections législatives qui s’annoncent sur les murs de la ville. Si son parti l’emporte, il battra le record de longévité pour un premier ministre Israélien. Plus de treize ans au pouvoir mais le pays reste une démocratie comme le rappelle notre chauffeur Boaz, arabe israélien.

Il nous ramène à l’auberge. Le calme règne. 

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